A PROPOS DE LA CIEA2019

A PROPOS DE LA CIEA 3
La Conférence Internationale sur l'Emergence de l'Afrique est une plateforme d'échange qui a été instituée avec pour principal objet : d'accompagner les dynamiques de transformations structurelles dans les pays émergents, en se basant sur une mutualisation des expertises et bonnes pratiques en la matièere et en initiant de débats de fond pour une mise en oeuvre optimale des plans d'émergence.

Les deux premières éditions de la CIEA qui se sont tenues respectivement en 2015 puis 2017 à Abidjan, avaient été l'occasion pour les dirigeants des pays africains, pour les experts nations et les PTF d'analyser différentes trajectoires d'émergence et d'approfondir les problèmatiques autour des thèmatiques retenues. La trosième édition de la CIEA qui sera organisée conjointement par le Gouvernement du Sénégal, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), en partenariat avec la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement
( BAD), prévue du 17 au 19 janvier à Dakar ( Sénégal), portera sur le thème central : Emergence, secteur privé et inclusivité.

Note conceptuelle

Depuis les chocs de 2016, l’économie mondiale se redresse et la croissance mondiale pour 2018 est estimée à 3,9 %. La reprise observée en 2017 devrait se poursuivre avec une croissance mondiale qui se maintiendrait à 3,9 % en 2019 selon le FMI. L’Afrique se situe dans cette dynamique avec une accélération de la croissance passant de 3,6 % en 2017 à 4,1 % en 2018 et 2019 (Banque Africaine de Développement, 2018 : « Perspectives Economiques en Afrique »). Cette amélioration résulte pour l’essentiel d’une conjoncture internationale plus favorable (croissance mondiale plus forte, hausse des prix des matières premières notamment du pétrole, etc.), d’une demande intérieure plus soutenue et de la hausse de la production agricole. Cette moyenne africaine masque les performances encore plus importantes de la plupart des pays ambitionnant d’aller vers l’émergence (Côte d’Ivoire, Ethiopie, Ghana, Rwanda, Sénégal, Tanzanie…) dont la croissance économique se situe à près de 7% entre 2016 et 2018. La dynamique économique de ces pays est notamment soutenue par le secteur privé et la consommation interne, mais également par des investissements publics destinés à mettre à niveau les infrastructures.

 La Conférence Internationale sur l’Emergence de l’Afrique (CIEA) a été instituée pour accompagner cette dynamique. De manière plus spécifique, elle vise à soutenir le développement des capacités à préparer et mettre en œuvre les plans d’émergence en mutualisant les expertises et en documentant les bonnes pratiques en la matière. Les deux premières éditions de la CIEA ont montré que plusieurs pays africains ambitionnent d’aller vers l’émergence. A cet effet, ils ont formulé des plans d’émergence soutenus par des visions à long terme conformes avec les principes de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine. Pour matérialiser cette ambition dans la durée, les pays devront relever des défis majeurs tels que : (i) l’atteinte de consensus solides entre tous les acteurs (politique, société civile, secteur privé national…) sur la vision à long terme afin de faciliter le maintien du cap et la persévérance dans les réformes au-delà des aléas des cycles électoraux, (ii) le développement du leadership individuel et collectif pour assurer un pilotage stratégique et opérationnel de l’émergence qui, en tant que pari sur l’avenir, se planifie et se construit dans un environnement stable (paix, sécurité, respect des droits humains, transparence…).

 C’était l’esprit de la Déclaration d’Abidjan de 2015 qui appelait les acteurs africains, en commençant par les gouvernements, à engager une réflexion et veille stratégique commune sur les questions pouvant impacter la marche vers l’émergence. Cette Déclaration relevait le besoin d’organiser tous les deux ans un Forum sur les bonnes pratiques. Cet événement biannuel commence à prendre corps et devient de plus en plus le cadre où les acteurs africains (gouvernement, secteur privé, société civile, universités…) échangent sur des contraintes et défis communs afin de trouver des solutions conformes au contexte africain, mais qui tirent aussi profit des leçons apprises en Afrique et ailleurs.

 Problématique

 La première édition de la CIEA (CIEA-I), tenue du 18 au 20 mars 2015, a permis d’échanger sur les conditions de l’émergence de l’Afrique à la lumière des dynamiques en cours et des leçons apprises des transformations économiques et sociales intervenues non seulement dans les pays émergents, notamment la Chine, le Brésil, l’Inde et la Malaisie, mais également dans certains pays africains. Sa Déclaration a donné les grandes lignes du modèle d’émergence que le Continent s’est choisi compte tenu de ses spécificités. 

 La deuxième édition de la CIEA (CIEA-II), tenue du 28 au 30 mars 2017, s’est quant à elle penchée sur les défis de la mise en œuvre des plans d’émergence en Afrique. Relever ces défis exige, à tous les niveaux, en commençant par l’Etat et les administrations publiques, des compétences clés, de la rigueur, de l’organisation, de l’engagement ferme et la mobilisation des financements nécessaires.

 Actuellement, plusieurs pays africains ambitionnant d’aller vers l’émergence voient leurs croissances économiques soutenues par des investissements publics dans les infrastructures. Ces investissements sont certes de nature à stimuler la croissance en attirant des investissements privés, mais leur développement soutenu dans le temps pourrait être limité par la contrainte d’endettement. Dans ce contexte, le débat porte de plus en plus sur le besoin (voire l’urgence) d’accroître significativement la contribution du secteur privé à la croissance pour qu’elle reste forte, durable et tienne compte des opportunités qui pointent à l’horizon (Zone de libre-échange continentale, expansion de la taille du marché africain et de la classe moyenne, rapide urbanisation...).

 Fort des enseignements tirés des deux premières éditions et tenant compte des dynamiques en cours, la 3ème édition de la CIEA (CIEA-III) traitera du développement du secteur privé et de l’éclosion de champions nationaux comme conditions nécessaires à la réussite des plans d’émergence africains. En plus de cette problématique centrale, la Conférence traitera également des modalités de la contribution du secteur privé à l’inclusion et à la valorisation des opportunités économiques des territoires, et ceci dans le cadre de partenariats publics-privés féconds.

 Pour renforcer la crédibilité de la CIEA, la rencontre de 2019 sera l’occasion de faire le point sur la mise en œuvre des résolutions de deux précédentes éditions de la CIEA et de dégager de nouvelles perspectives. Sa crédibilité passe aussi par la capacité à impacter positivement les préparations et révisions en cours de plans d’émergence dans plusieurs pays africains. A cet effet, la CIEA-III sera l’occasion d’apporter quelques innovations en capitalisant sur les résultats des deux premières éditions. Ainsi, la conduite d’études nationales de cas sera l’occasion de faire la revue des processus d’émergence en cours sur le Continent et de mettre en valeur les bonnes pratiques de pays africains. Par ailleurs, en plus du secteur privé qui sera au centre de la préparation et de la tenue de la CIEA-III, le Réseau africain des Delivery Units sera fortement impliqué dans l’organisation scientifique afin qu’il s’approprie cet événement et renforce la collaboration entre ses membres. Cette interaction entre les membres du Réseau sera facilitée par la plateforme digitale d’échanges collaborative dédiée au partage d’expériences et de solutions susceptibles de lever les contraintes régulièrement rencontrées par les pays africains. Cette plateforme sera aussi le lieu où ces acteurs pourront trouver la dernière génération d’outils et méthodes disponibles en Afrique ou ailleurs dans le monde.

 

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